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Le goulet d’étranglement

Le monde moderne tient sur une poignée de sites industriels.

Nous vivons entourés d’objets qui pensent, calculent et communiquent. Presque tous dépendent de composants que très peu d’usines au monde savent produire.

Le fait

Les composants les plus avancés ne se fabriquent pas partout. Ils exigent des sites qui coûtent plusieurs milliards, des années de construction, des procédés que l’on ne recopie pas en lisant un manuel, et des équipes dont le savoir-faire s’est accumulé sur des décennies. Le résultat est une carte industrielle extraordinairement concentrée : pour certaines étapes clés, on compte les acteurs capables de les réaliser sur les doigts d’une main.

J’ai passé vingt-cinq ans dans cette industrie. Ce que l’on voit de l’intérieur ne ressemble pas à ce que l’on en dit : ce ne sont pas les grandes marques qui tiennent la chaîne, mais des fournisseurs intermédiaires dont le grand public ignore jusqu’au nom, et dont la disparition arrêterait des pans entiers de l’économie.

Le vertige

Une chaîne aussi concentrée fonctionne remarquablement bien tant que rien ne l’interrompt. Mais elle n’a pas de doublure. Il suffit qu’un maillon s’arrête — pour une raison technique, commerciale ou politique — pour que l’effet se propage en quelques semaines jusqu’aux voitures, aux hôpitaux, aux réseaux, à la défense.

Personne n’a décidé cette fragilité. Elle est le produit de quarante ans de choix rationnels pris séparément : produire moins cher, se spécialiser, externaliser. Chacun de ces choix se défendait. Leur somme a créé une dépendance que presque aucun pays ne sait aujourd’hui défaire.

Et dans le roman

C’est à cette frontière exacte — celle d’un monde parfaitement huilé et parfaitement vulnérable — que commence « La Guerre invisible ».

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Cette réalité, je la raconte en détail dans La Guerre invisible — Vers l’intelligence absolue.

Un thriller documentaire fondé sur des événements réels, sur la course technologique qui se joue déjà sous nos yeux.

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