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La soif d’énergie

L’intelligence artificielle ne se joue pas dans le vide : elle se branche.

Derrière chaque réponse instantanée d’une machine, il y a des bâtiments, des transformateurs, des refroidissements et des mégawatts qu’il faut trouver quelque part.

Le fait

Entraîner puis faire fonctionner ces systèmes demande une puissance électrique considérable, disponible en continu, concentrée sur quelques sites. Les centres de calcul qui sortent de terre ne se choisissent plus en fonction du marché qu’ils desservent, mais en fonction de l’électricité qu’on peut leur garantir et de l’eau qui permettra de les refroidir.

Or une ligne à haute tension, une centrale ou un poste de transformation ne se construisent pas au rythme d’un logiciel. Il faut des années, des autorisations, des arbitrages publics. Deux temporalités incompatibles se sont mises à cohabiter.

Le vertige

L’énergie devient donc l’arbitre silencieux de la course. Ce n’est pas la meilleure idée qui gagne, c’est celle qui peut être alimentée. Et lorsque la demande industrielle se met à concurrencer celle des habitants d’un territoire, la question cesse d’être technique : elle devient politique, et personne ne l’a vraiment posée aux citoyens.

Nous avons cru que le numérique était immatériel. Il est en réalité l’une des constructions les plus lourdes, les plus gourmandes et les plus localisées de notre époque.

Et dans le roman

Cette réalité très concrète — le courant, les infrastructures, ce qu’il faut pour tenir la cadence — irrigue le décor de « La Guerre invisible ».

Dossier suivant : L’illusion du contrôle →

Cette réalité, je la raconte en détail dans La Guerre invisible — Vers l’intelligence absolue.

Un thriller documentaire fondé sur des événements réels, sur la course technologique qui se joue déjà sous nos yeux.

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